11 Novembre 2008 - Commémoration de l'armistice de 1918 ( 14/11/2008 )
Discours de M. J. Bouchez, Maire et photos
Moursiennes et Moursiens,
Messieurs les représentants des Associations d’Anciens
Combattants,
Mesdames et Messieurs les Elus,
90 ans : l’espace de temps de 3 générations. Nos
enfants ont aujourd’hui l’âge de nos grands-pères
lorsqu’ils partirent pour la première guerre mondiale. La der
des der !
L’essayiste Pierre Bourget, dans les années 60,
s’inquiétait «Et après plus rien» en parlant du temps qui
commencerait après la mort du dernier poilu. Les historiens
répondaient que la guerre de 14-18 entrerait pleinement dans
l’histoire lorsque le dernier combattant ne serait
plus.
Ce 11 novembre 2008 est ainsi une date importante. Lazare
Ponticelli, dernier témoin français, nous a quitté le 12 mars. 6
combattants alliés sont encore en vie dont :
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2 anglais,
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1 canadien,
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2 américains (1 USA et 1 argentin).
La guerre de 1914-1918 est-elle aujourd’hui simplement une
page d’histoire ?
Notre présence en ce jour devant ce monument érigé à leur
intention témoigne que ce conflit, cet enfer est plus présent que
jamais.
Comment pourrions-nous oublier en France :
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Les 7.891.000 mobilisés
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Les 1.375.800 morts,
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Les 4.266.000 blessés,
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Les 537.000 prisonniers.
Comment oublier les batailles de Verdun, de la Marne, du Chemin
des Dames, d’Amiens, d’Ypres ?
Dans le monde, ce conflit aura mobilisé 73.800.000 soldats, tué
9.405.000 personnes et blessés 21.219.000 autres.
L’armistice du 11 novembre 1918, qui devait être
l’aube d’un monde meilleur, a débouché, après le traité
de Versailles, sur la crise économique de 1929 et un deuxième
conflit mondial apocalyptique.
La guerre de 14-18, c’est aussi l’invention des
premières armes de destruction massives, de la guerre chimique
comme l’ypérite, le fameux gaz moutarde. C’est aussi la
guerre dans tous les éléments :
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La mer et les premiers sous-marins,
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La terre et les premiers blindés,
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L’air et les premiers avions.
Ce fût aussi une nouvelle tactique guerrière. En particulier cette
guerre de position, les tranchées, les hommes vivant dans la boue,
la vermine, comme des rats, comme des taupes !
Comment oublier cela ? Comment oublier le désastre économique
de l’après-guerre :
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120.000 hectares ravagés,
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17,3 % des mobilisés tués,
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50 % des paysans morts.
Les 36.000 monuments au morts érigés à partir de 1920 sont les
témoins que rien n’est oublié. Que la Der des Der n’est
pas une simple page de l’histoire.
A travers ces mots, ces évocations nous pensons au conflit de la
Yougoslavie, de Sarajevo à Grozny, à la Géorgie, l’Irak,
l’Afghanistan. Les va-t-en guerre sont toujours là. La furie,
la mort, les massacres !
Jean Giraudoux écrivait «la paix est l’intervalle entre deux
guerres». De 1918 à 1939, vingt années lui donnèrent raison.
Aujourd’hui alors qu’un souffle d’espoir se lève
en Amérique, ne laissons pas le sacrifice des poilus tomber dans
l’oubli et écoutons le philosophe Emmanuel Kant pour qui la
guerre est «l’aube d’une paix perpétuelle».
Joel Bouchez, Maire
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