Commémoration du 11 novembre 1918 ( 05/12/2005 )
2005 : 87ème anniversaire
Cette année, de nombreux Moursiens se sont déplacés pour célébrer avec M.FAIVRE, le Conseil Municipal et les Anciens Combattants, la cérémonie commémorative du 87ème anniversaire de la guerre 1914/1918.
Nous transcrivons ci-dessous le discours de Monsieur le Maire.
« Il y a 87 ans, en ce jour du 11 novembre
1918, le clairon de l’armistice résonnait dans toutes les
communes de France métropolitaine et d’outre mer. Au front,
les clairons sonnent le « cessez le feu »,
« Levez-vous », « Au drapeau ». La Marseillaise
jaillit à pleins poumons des tranchées. Le soulagement est le même
chez nos ennemis allemands. Pour la première fois depuis 4 ans,
Français et Allemands peuvent se regarder sans s’entretuer.
L’armistice a été signé le matin même dans le wagon du
Généralissime FOCH, au carrefour de Rethondes, au milieu de la
forêt de COMPIEGNE à 5 H 15 du matin.
L’armistice laisse derrière lui huit millions de morts et six
millions de mutilés. Les survivants qui ont perdu la foi dans les
valeurs morales et spirituelles veulent encore croire que cette
guerre qui s’achève restera la dernière de l’histoire,
la « der des der ».
4 ans plus tôt le samedi 1er août 1914 à 4 heures de l’après
midi, tous les clochers de France se faisaient également entendre
mais c’était le sinistre tocsin qui retentissait. La France
venait de décréter la mobilisation générale, LA GRANDE GUERRE
venait de commencer. Le nationalisme était exacerbé. Des millions
de jeunes français rejoignirent leurs régiments
bien décidés à venger l’honneur de leur patrie au risque
d’y laisser leur vie
Comment a t-on pu arriver à un tel degré de sauvagerie, de haine
entre les différents belligérants. Il faut chercher la réponse dans
la défaite de la guerre de 1870 perdue par la France et qui a fait
germer et se développer dans l’armée française un désir de
revanche immense qui n’attendait que la première occasion
pour se manifester. Autre élément également important à prendre en
compte car directement lié à la défaite militaire, est
l’annexion par l’Allemagne de l’Alsace et de la
Lorraine dont la population, après une série d ‘aller et
retour entre les deux nations, désirait, à une écrasante majorité,
revenir dans le giron de la France.
Trois évènements, trois crimes qui n’ont apparemment aucun
lien entre eux vont cependant changer le cours de l’histoire
et plonger le monde dans son premier grand cataclysme.
Ce fut d’abord le 16 mars 1914 l’assassinat de Gaston
CALMETTE Directeur du Figaro par Madame CAILLAUX femme du ministre
des finances Joseph CAILLAUX l’homme politique le plus en vue
de l’époque. Le geste de cette femme guidé par des
considérations purement privées aura pour conséquence
d’empêché son mari devenir Président du Conseil autrement dit
d’accéder à la Direction du gouvernement de la France alors
que pacifiste de raison, Joseph CAILLAUX aurait peut être pu, comme
il y était parvenu jusqu’à cette date, éviter le recours à la
guerre.
Ce fut ensuite le 28 juin 1914 l’assassinat à SARAJEVO par un
nationaliste Serbe de l’héritier de l’Empire
Austro-Hongrois l’Archiduc François Ferdinand. Plus que du
fait de la personnalité de l’Archiduc, cet assassinat servira
de prétexte, compte tenu du contexte de l’époque très
favorable à la guerre, à l’embrasement général de
l’Europe entraînant dans son sillage outre l’Autriche
Hongrie et la Serbie , l’Allemagne, la Russie et la
France.
Ce fut enfin le 31 juillet 1914 veille de la mobilisation générale
l’assassinat à PARIS au café du croissant du leader
socialiste JEAN JAURES qui était avec Joseph CAILLAUX les derniers
partisans de la paix.
Ces hommes plus clairvoyants que les autres ont bien essayé
d’enrayer cette volonté d’en découdre à nouveau par les
armes ou au moins d’en retarder le plus possible
l’échéance.
Mais il est bien difficile d’aller à contre courant de la
volonté d’un peuple.
Il faut tirer des enseignements de l’histoire. Une guerre ne
survient jamais du jour au lendemain . Il y a toujours des
signes avant coureurs, des évènements plus ou moins importants qui
portent en eux le germe du malheur et qui précèdent l’arrivée
de la catastrophe. La deuxième guerre mondiale n’a pas
échappée à cette règle
Aujourd’hui encore , tous les ingrédients sont à nouveau
réunis pour le déclenchement d’un nouveau conflit mondial
qu’il s’agisse des nationalismes ou des intégrismes
religieux..
Alors, si le monde libre veut éviter de replonger dans une nouvelle
tragédie il doit être très vigilant, très attentif à tout ce qui se
passe autour de lui afin, le cas échéant, de pouvoir désamorcer la
bombe pendant qu’il est encore temps. »
Puis, Monsieur BOUCHEZ 1er adjoint, a délivré
le message de M.MEKACHERA secrétaire d’Etat aux Anciens
Combattants.
Après l’écoute de la Marseillaise, l’honneur aux Morts,
la minute de silence, une gerbe a été déposée devant le Monument
aux Morts. Pour la 1ère fois, l’hymne européen a clôturé la
première partie de la cérémonie.
L’assistance s’est ensuite rendue au cimetière pour
l’hommage aux trois jeunes soldats qui y reposent.
A l’issue de cette manifestation, un verre de l’amitié
a été servi dans le hall de la Mairie.