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Cérémonie du 11 novembre (2006) ( 08/12/2006 )

Ci-après le discours prononcé par Le Maire de Mours lors de la commémoration.

     

Le 11 novembre 1918 restera, pour toutes celles et tous ceux qui l’ont vécu, comme le jour le plus mémorable que notre pays, pourtant aguerri par de très nombreuses campagnes guerrières, ait connu. Cette délivrance, enfin arrivée, pour ces combattants qui ont participé et sont revenus de ce que l’on peut appeler "un ENFER" mettait fin à un des plus effroyables cauchemars nés de la folie des hommes. La France pouvait maintenant faire le compte macabre de ces victimes : un million quatre cent mille tués, sept cents quarante mille invalides et blessés et des centaines de millions de veuves et orphelins.

Je voudrais aujourd’hui plus particulièrement rendre hommage à ces poilus qui ont été les acteurs de la bataille de VERDUN. Cette bataille n’a pas été l’affrontement le plus meurtrier de cette guerre mais c’est celle qui a le plus marqué les esprits par les conditions atroces dans lesquelles les soldats allemands et franÁais se sont battus sur un territoire de moins de cent kilomètres carrés sur lequel 163 000 soldats français et 143 000 soldats allemands sont morts au combat au cours de la seule année 1916.

En janvier 1916, après deux années de luttes meurtrières, le front s’est stabilisé sur une longueur de 700 Km qui s’étend de la mer du nord à la frontière suisse. L’armée allemande s’est préparée à une guerre de position qui durera encore trois longues années. Elle a creusé des tranchées profondes, parfois bétonnées, et toujours jalonnées de nids de mitrailleuses àl’inverse de l’Ètat major de l’armée française qui, croyant "dur comme fer" à une guerre de mouvement dont elle n’avait pas les moyens ni en hommes ni en matériel ni en munitions ni en sources d’approvisionnement, avait laissé ses hommes exposé au feu roulant de l’artillerie adverse. Nos poilus montaient ainsi à l’assaut des lignes adverses, bayonnette au canon et souvent sans aucune préparation d’artillerie. Je vous laisse imaginer les pertes subies et la saignée qui en résultait dans les rangs des troupes françaises.
A cette même période de la guerre, l’état major allemand choisit le saillant de Verdun pour lancer son offensive, persuadé que l’armée française lancera alors de nombreuses troupes dans la bataille, que celles-ci seront décimées et que la France sera alors contrainte de demander l’arrêt des combats.

Malgré des conditions inhumaines, les renforts acheminés sur le secteur avaient pour
consigne de s’opposer à tout prix à la progression ennemie. Les français feront mieux que résister. Utilisant les trous d’obus pour se protéger, profitant des moindres répits pour acheminer des renforts. Pour ce faire, le Général Pétain fait remettre en état la route départementale reliant BAR LE DUC à VERDUN et organise le trafic qui doit transiter sur ce qui s’appellera plus tard la "Voie Sacrée" : deux mille tonnes de munitions, deux mille tonnes de vivre et vingt mille hommes emprunteront cet axe par jour. Malgré les carnages faits par l’artillerie allemande, les troupes du Kronprinz ne réussiront pas dans leur entreprise.

De février 1916 à décembre 1916, les offensives et les contre offensives se succèderont à une cadence infernale pour la possession de forts comme ceux de DOUAUMONT de VAUX, de SOUVILLE ou de THIAUMONT, la possession de côtes, de promontoires ou de villages. En un mois d’attaques incessantes les troupes allemandes n’ont progressé que de deux Kilomètres malgré l’utilisation des obus à gaz. Pour illustrer la rage des combats le village de FLEURY a changé de camp 18 fois en un mois. A la fin de l’année 1916 tous les ouvrages fortifiés du saillant de VERDUN occupés par les troupes allemandes quelques mois plus tôt ont été repris. La bataille de VERDUN s’achève avec la reprise des deux symboles de la bataille les forts de VAUX et de DOUAUMONT. La ville de VERDUN n’aura pas été prise. En revanche les pertes humaines auront été énormes.
Si les combats ont diminué en intensité le front restera néanmoins actif jusqu’à la fin de l’année 1918.

La bataille de VERDUN aura marqué un tournant dans l’issue de la guerre. Aucun des objectifs que s’était fixé l’Etat Major allemand n’a été atteint. Ni l’occupation de la ville de VERDUN, ni la destruction de l’armée française et surtout son armée sur le front OUEST est usée et le moral des troupes est au plus bas.
Quant à l’armée française, non seulement elle n’est pas exsangue. Mais c’est elle qui a l’initiative des opérations et elle ne se bat plus maintenant pour colmater les brèches et résister à l’ennemi mais pour la victoire finale.
VERDUN, où la quasi totalité des divisions engagées dans la guerre auront combattu, est devenu le symbole de la résistance de l’armée française. Elle aura été une victoire stratégique et psychologique et l’exemple pour les générations qui se succèderont, du courage, du patriotisme et du sacrifice pour la défense de l’honneur de la patrie.


Jean-Claude Faivre,
Maire


      
   

   

 

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